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Les Butineurs du Val de Bièvre

Abeilles sentinelles et indicateur de biodiversité ?

16 Décembre 2013 , Rédigé par Dan

Abeilles sentinelles et indicateur de biodiversité ?

Les abeilles domestiques sont devenues le symbole d'un désir de protéger la nature, de restaurer la biodiversité. Les milieux urbains se transforment en zone refuge pour les apoïdes (abeilles) car ce sont les insectes qui s'y adaptent le mieux. Leur bonne santé dans nos ruchers le prouvent.

Mais si nous avons réussi à adopter les Apis mellifera en ville, qu'en est-il des autres espèces, des autres insectes ou encore de la faune et la flore qui souffrent aussi d'une lente régression due à la fracturation des espaces naturels, du moins de ce qu'il en reste.

Les écosystèmes sont fortement dégradés et la biodiversité peine à trouver sa place sur le territoire du Val de Bièvre. Il subsiste ça et là quelques îlots de maintien des taxons ordinaires mais l'ensemble du territoire est agressif pour la faune et la flore naturelle.

La question qui se pose aujourd'hui est de trouver comment faire pour donner envie aux décideurs, élus et publics, avec un schéma de cohérence de ne plus grignoter les espaces verts, d'appliquer la gestion différenciée systématiquement dans le domaine public et privé et d'offrir des habitats-refuges à nos indicateurs de biodiversité.

Abeilles sentinelles et indicateur de biodiversité ?

Il est aussi urgent de laisser une place au retour de l'eau. La réouverture de la Bièvre est à ce niveau un enjeu de premier plan qu'il ne faut pas rater. Peut-être même le point de départ d'un retour réfléchi de la nature en ville.Une vraie prise de conscience des choix à faire en cohérence encore une fois.

Mais ce n'est pas suffisant, nous manquons de mares, de plans d'eau qui ont des fonctions autres que celles d'une rivière.Ces écosystèmes à part entière ont des fonctions pédagogiques et leur absence prive nos enfants de la proximité d'une vie sauvage facile à observer.La connaissance d'une mare et du cortège de ses habitants est le meilleur outil pour ressentir la poésie du monde.

Notre milieu de vie se dégrade, la pression anthropique est très élevée. Et si rien n'est fait ou mal fait, nous allons nous appauvrir encore et continuer à perdre des espèces de la faune et de la flore aujourd'hui ordinaire et demain patrimoniale parce que devenue rare, pour ensuite devenir en danger d'extinction, inscrit sur les listes rouges.C'est déjà le cas pour des oiseaux comme le râle d'eau ou le blongios nain, mais aussi pour des papillons comme l'agreste ou encore le mélitée orangé, disparus d'Ile-de-France.

Nos espèces les plus spécialisées exigeantes en qualité du sol, de l'air, de l'eau, d'espaces, d'habitats sont partis ou tout simplement ne se reproduisent plus. Le grillon champêtre est emblématique de ces disparitions en petite couronne.

Le retour de la Bièvre, avec des berges naturalisées et écosystémiques et surtout avec une eau dépolluée, est l'un des moyens de nous ramener de la vie, de la biocénose.

La restauration des bandes arborées, la mise en place de bandes herborées, l'abandon « réel » des pesticides, sont des premières étapes.

Une trame verte, sans exotisme ni plantes hybrides stériles, sans rupture le long du tracé de la rivière, qui relierait le parc des Prés au parc Kellerman est une nécessité pour réamorcer le retour de la biodiversité dans cette vallée.

Les trames vertes qui relieront le parc départemental des Hautes Bruyères au parc départemental du Coteau ou encore le parc départemental de l'Haÿ-les-Roses et le parc Picasso de Gentilly doivent bénéficier des mêmes aménagements pour être fonctionnelles.

Abeilles sentinelles et indicateur de biodiversité ?

Cet écureuil écrasé dans une rue d'Arcueil entre deux parcs est une image qu'on ne devrait plus voir. Non pas par sensiblerie mais parce que c'est la démonstration du manque de passage entre les parcs. Il venait sans doute de la Roseraie en passant par le boulevard de la Vanne. Et puis l'impasse... le boulevard ne débouche sur rien ou alors sur la mort.

Faux espoir pour ce migrant naturel qui suivait ses instincts de colonisation pour perpétuer l'espèce. Conquérir de l'espace sur le territoire. Tout cela se passe sous nos yeux... qui ne savent pas voir ?

Il y a urgence à restaurer les écosystèmes car nous contribuons par leur dégradation à perdre des papillons, des batraciens, des coléoptères et des oiseaux et ce sont les plus emblématiques.

Qui se souvient encore des hirondelles de cheminée à Gentilly ? Un nid sous une toiture de la rue Lefevre n'a pas eu d'occupants depuis vingt ans.

Il y a urgence à devenir cohérents et solidaires dans l'aménagement de l'environnement entre les villes où nous vivons.

Les Butineurs du Val de Bièvre sont en mouvement ! Rejoingnez-nous !

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Une mare, source de biodiversité

3 Décembre 2013 , Rédigé par Dan

Les petits plans d’eau comme les mares hébergent une grande diversité de plantes et de faune souvent plus importante que celle des autres milieux aquatiques (rivières, fleuves, canaux, lacs), ils contribuent significativement à la conservation de la diversité biologique régionale et nationale.

Il existe une mare au Parc des Hautes Bruyères qui devient l'objet de toutes les attentions de la part de notre association. Et toujours dans le souci d'apporter davantage de biodiversité dans le parc (un objectif exprimé du Conseil Général) les Butineurs du Val de Bièvre rappelle ici l'importance d'un tel écosystème.

Il existe une mare au Parc des Hautes Bruyères qui devient l'objet de toutes les attentions de la part de notre association. Et toujours dans le souci d'apporter davantage de biodiversité dans le parc (un objectif exprimé du Conseil Général) les Butineurs du Val de Bièvre rappelle ici l'importance d'un tel écosystème.

Dans le souci d'améliorer la biocénose d'une mare c'est à dire l'ensemble des êtres vivants tel que la phytocénose (les plantes) ou encore la zoocénose (les espèces animales) certaines actions sont indispensables.

Les gestionnaires et les jardiniers du parc sensibilisés à cette richesse environnementale ont installé une clôture qui dissuade le public d'approcher les berges physiquement. La visualisation de la mare par le public restant tout à fait possible du haut des sentiers de promenade. Le piétinement des berges est ainsi évité.

Un espace protégé des promeneurs entourant la mare est essentiel pour les espèces qui se déplacent dans le paysage (amphibien, libellule, oiseaux,araignées).La mare est un endroit refuge. Le dérangement par les chiens ou le public fait fuir les habitants.Un espace protégé des promeneurs entourant la mare est essentiel pour les espèces qui se déplacent dans le paysage (amphibien, libellule, oiseaux,araignées).La mare est un endroit refuge. Le dérangement par les chiens ou le public fait fuir les habitants.

Un espace protégé des promeneurs entourant la mare est essentiel pour les espèces qui se déplacent dans le paysage (amphibien, libellule, oiseaux,araignées).La mare est un endroit refuge. Le dérangement par les chiens ou le public fait fuir les habitants.

L'environnement proche d'une mare influence fortement la qualité de sa biocénose (milieu vivant). Le bassin versant et les parcelles proches rapportent le ruissellement qui modifie la chimie de l'eau.

Il est donc important de ne pas apporter sur ce bassin des produits chimiques ou amendements.

L'objectif est aussi de créer une multitude d'habitats favorables à la faune aquatique et terrestre.

Cette clôture permet de protéger du piétinement les plantes hélophytes (plante des bordures de la mare) et de diminuer le dérangement des espèces aquatiques qui sortent de l'eau comme les batraciens ou les odonates mais aussi le monde des terrestres, les oiseaux (bergeronnettes, pouillots, fauvettes) qui se nourrissent des moustiques et autres nématocères (insectes volants). Le phytoplancton est apprécié des anatidés, comme le canard col vert.

D'autres espèces viennent boire, se toiletter, pour cela la tranquillité des lieux est indispensable.Ici des abeilles domestiques.

D'autres espèces viennent boire, se toiletter, pour cela la tranquillité des lieux est indispensable.Ici des abeilles domestiques.

Une zone tampon étant ainsi créée, la seconde étape serait de laisser la végétation liée à ce biotope s'exprimer voire même faciliter l'aménagement en créant une roselière par exemple qui reste un habitat de première importance pour un grand nombre d'espèces ubiquistes ou spécialisées, les hélophytes tels que les phragmites, les carex ou les massettes (la végétation des berges) sont idéales.

Une petite roselière d'une dizaine de mètres carré deviendrait rapidement un habitat pour les fauvettes aquatiques telle que la rousserolle effarvatte ou même un dortoir pour les bergeronnettes des ruisseaux ou grises déjà aperçues dans le parc.

On peut aussi imaginer un reposoir ou un promontoire au centre ou sur une berge. Certaines espèces aiment se percher pour se rassurer mais aussi pour se mettre à l'affut. D’autres ne se montrent jamais et restent cachées dans les roselières au mieux se montrent en bordure (bécasses, râles...)

Le dessin et la forme des berges est aussi déterminant pour l'accueil de la faune/flore. Ici il faut chercher la complexité. Un découpage sinueux permet l'expression d'une grande diversité d'habitats.

(presqu'île ou avancé, ilot, queue d'étang, zone plus profonde, portion falaise, plage) et un apport de micro structures : troncs ou arbres morts, pierres, blocs émergeants, saules têtards, etc…

Les berges en pente douces sont favorables à la conservation des espèces (association végétale, zone refuge, faible profondeur = eau plus chaude, alimentation de l’avifaune, limicole.)

Les anoures occupent les lieux. Ici la grenouille verte (famille des ranidae, Rana esculenta)

Les anoures occupent les lieux. Ici la grenouille verte (famille des ranidae, Rana esculenta)

Les plantes hydrophiles qui vivent dans l'eau ne doivent pas être négligées car elles sont aussi des habitats en puissance et jouent un rôle essentiel dans l'oxygénation et la valeur du PH.

Elles contribuent à générer des niches écologiques qui offrent le gîte et le couvert à différents cortèges d'insectes, les coléoptères aquatiques (les dytiques ...) ou encore, les odonates (libellules), les punaises (gerris) mais aussi les trichoptères, les éphémères.

Les plantes permettent la dépose des œufs et ensuite les larves s’installent, deviennent prédateurs ou nourritures selon elles évoluent dans ces niches écologiques.

Longtemps les berges entretenues en gazon et le retrait systématique des hydrophytes ont bloqué les processus d'installation du biotope…

Une mare c'est fragile et mérite qu'on s'y attarde un peu. D'autres questions sur la nature des sédiments : la profondeur de la mare, la température, les nutriments, la conductivité, les polluants, l'ombrage, etc joue également un rôle sur la richesse et l'abondance de la biodiversité. Nous souhaitons avec impatience un plan de gestion pour ce petit trésor du parc des hautes Bruyères.

Sur le site "Si les mares m'étaient comptées" http://www.snpn.mares-idf.fr/ Cette mare est inventoriée avec quelques détails intéressants.

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